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faite de
plantations d'hévéas, de palmiers à huile, de bananiers et de
poivriers. A Limbé, aux plaisirs de la baignade sur de belles plages
bordées de collines boisées, joignez ceux de la table et dévorez les
poissons que capturent les pêcheurs de l'île de Bota. Ces plats sont
accompagnés de taros pilés, arrosés d'une sauce jaune.
A Buéa, ancienne
capitale du Cameroun allemand de 1901 à 1909, l'ancien palais du
gouverneur allemand Von Puttkamer vous fera frissonner avec ses
histoires de Fantômes. Pour vous remettre de vos émotions, rafraîchissez-vous
dans l'eau de la fontaine à l'effigie de Bismarck, envahie par les
herbes. Vous ne pourrez quitter ce bord de mer sans aller escalader le
Mont-Cameroun. Dans un paysage grandiose et luxuriant, se dresse ce
volcan encore en activité qui culmine à 4070 mètres. Vous ne pourrez
hélas que très rarement en apercevoir le sommet souvent caché dans
les nuages.
Faites une halte à
Kumba, important centre commercial, ville dominée par un magnifique lac
de cratère, le lac arombi Mbo, enserré dans une chevelure de verdure
qui colore en vert ses eaux brillantes. .Vous vous dirigez
maintenant plus au nord, vers les provinces de l'ouest et du nord-ouest.
Au milieu d'un paysage verdoyant, entre deux plantations d'hévéas, de
palmiers à huile ou de bananiers, à l'ombre des grands manguiers, se
blottissent les cases faites de terre, de " potopoto ", et de
branches entrelacées qui forment l'armature. Maisons construites avec
les matériaux locaux, relevés sur le monde végétal, unisentre eux
par la science, a patience de ces populations dont, l'industrie est de
tirer parti de tout. Dans leur version modernisée, elles sont
recouvertes de tôle ondulée sur laquelle tambourinent les gouttes de
pluie lorsque l'orage gronde. Dans les restaurants qui bordent la route,
arrêtez-vous pour déguster les mets variés de cette région lui
produit et consomme de nombreuses tubercules: du macabo, du manioc, des
haricots niébé et des taros. Feuilles, de la forêt ou cultivées,
graines et amandes diverses entrent dans la composition des plats.
Laissez-vous tenter par un " ndolé ", préparation à base e
feuilles de Vernonia et d 'arachide, accompagné de pain de manioc, le
" miondo ", ou par une sauce au jus de noix de palme avec
poisson ou viande faisandée ou encore par un plat de taro. A moins que
votre choix ne se porte sur le fameux gâteau d'"Ekoki ", préparé
soit avec des haricots " niébé ", soit avec des "
matoba " grains de Voandzou, que vous arroserez de vin de palme ou
de raphia.
A partir de Nkongsamba,
ville blottie dans une cuvette, centre de commercialisation du café,
faites un détour pour vous rendre aux chutes d'Ekom ou aux lacs de
l'Homme et de la Femme au sommet du Manengouba. L'habitat change. Dans
un Paysage aux couleurs rouges et vertes apparaissent des cases rondes
aux toits pointus, dont la base est constituée de rondins de bois bien
équarris et ajustés côte à côte. Vous êtes dans le pays de
l'ethnie Mbo.
Plus au nord, Bafang.
Plateau mamelonné, verdoyant, composé de montagnes arrondies entrecoupées
de vallées où poussent les palmiers raphia, voici le pays Bamiléké :
paysage de bocages où les exploitations agricoles, séparées par des
haies, paraissent s'empiler les uns sur les autres.Tous les fruits de la
terre semblent s'y être donné rendez-vous : manioc,ignames, macabos,
taros, patates douces, maïs, haricots, melons, kola, bananes plantain,
pastèques; tomates, carottes, choux, arachides, cannes à sucre,
palmiers à huile, manguiers, pruniers ou " mbu " bananes, caféiers...
la liste est longue et sur les nombreux marchés, interpélé par les
vendeuses aux pagnes chatoyants,vous ne saurez où donner de la tête.
Dans votre assiette, vous retrouverez toute cette diversité. Lors des fêtes
ou des funérailles, ce n'est pas un plat mais une vingtaine de plats
que l'hôte présente à ses invités : couscous de maïs accompagné
d'une sauce onctueuse appelée " Nkui ", taro avec sa sauce
jaune à l'huile de palme, ignames braisées, pilé bons macabo grillés,
bananes douces, sauces-feuilles, viandes de chèvre, de mouton, de porc,
et de boeuf, volailles ou gibiers... autant de mets délicieux, cuits
dans des poteries décorées et aux formes dures et servis dans des récipients
en bois, souvent ornés de peintures représentant des animaux. Faites
en sorte que les splendeurs de la table ne vous empêchent pas de découvrir
ce pays ! Visitez Bafoussam, dont la prospérité repose en grande
partie sur la culture du café arabica mais dont l'attrait principal
vient de ses artisans sculpteurs qui cisèlent des panneaux de bois pour
des meubles, buffets, tables, tabourets, lits ou coffres, représentant
des animaux ou des scènes de la vie quotidienne. La société Bamiléké
s'organise en une multitude de chefferies.
Chacune est un ensemble de terres sur lesquelles vivent plusieurs
familles. A travers le pays, vous pouvez voir des cases traditionnelles
qui ont emprunté à la forêt les murs de poto-poto, recouverts de
bambous soigneusement jointoyés, protégés par l'auvent du toit et
surmontés jadis d'un toit conique en chaume. Aujourd'hui, souvent la tôle
ondulée remplace le chaume et les briques sèches la terre battue. Les
plus belles demeures, vous les trouverez dans les chefferies de Bafang,
de Bangwa, de Bafoussam, de Bafou, ou encore, dans la plus importante,
celle de Bandjoun. Autour d'une esplanade en pente, le kouohtsa, sont
disposées les cases des femmes du Chef. Les façades sont en bambous liés
avec des fibres végétales. Les portes, encadrées de panneaux sculptés,
sont surélevées de plusieurs dizaines de centimètres pour empêcher
les eaux et les animaux de pénétrer. L'ensemble, soutenu par des
piliers de bois décorés, sorte de forêt, est surmonté d'un lourd
toit conique en chaume. Noblesse et pureté de cette architecture qui
reflète l'art bamiléké et dont votre regard pourra difficilement se détacher
! Après un repos bien mérité à Dschang, dans un site montagneux où
poussent des conifères, où vous ne manquerez pas de visiter son marché,
faites un tour aux vertigineuses chutes de la Mainy Watta. Vous éprouverez
des sensations inoubliables ! L'extrême nord-ouest, zone anglophone,
pays montagneux, est tout aussi attrayant. Le paysage y est sans cesse
changeant. La savane alterne avec les pâturages verdoyants où s'éparpillent
les troupeaux de zébus, les champs de thé à Ndu cèdent lus loin, la
place aux plantations de café, de cacao et de ananes, a végétation
tropicale rivalise avec les forêts d'eucalyptus. Vous retrouverez Ies
chefferies et leurs cases traditionnelles de type bamiléké, aux toits
de chaume et aux murs de bambous, notamment à Bafut, Bamenda, Wum,
Nkambé, Kumbo sont des villes à ne pas rater. Si vous en avez
l'occasion, assistez à la fête ni marque la fin de la lecture du coran
chez les enfants. Vous admirerez la parade des cavaliers et savourerez
les nombreux mets qui composent le festin.
LE ROYAUME DE NJOYA
C'est à Foumban, siège
du sultanat bamoun, que vous terminerez ce voyage dans l'ouest. Située
à 1200 mètres d'altitude dans un terrain accidenté, capitale d'un
royaume qui remonte au XvIlle siècle, cette ville vous séduira par sa
population, sa mosquée, son marché, ses fêtes, ses musées, son art
et son palais. C'est le Roi Njoya,
sixième de la dynastie, qui a marqué le plus l'histoire de ce pays.
Ambitieux, cultivé et imaginatif, il inventa une religion, une écriture
et des machines, ouvrit des écoles, créa un service d'archives. Le
palais qu'il fit construire en dur est un étrange bâtiment baroque, très
vaste, à deux étages. D'énormes colonnes supportent le plafond.
Balcons, portes et loggias sont en bois délicatement sculptés. Peuple
d'artisans, plus même, d'artistes, les Bamoun nous offrent une variété
d'objets d'une richesse inouïe. Panneaux de décoration sculptés,
statuettes, masques, coffrets, lances, boucliers, en bois ou en bronze,
trônes couverts de perles et de cauris feront le délice de vos yeux.
Raffinés, ils ont créé un art d'intérieur et de la table qui font du
festin un moment royal. Plats en bois finement gravés, jarres pour
chauffer le vin de palme ou de raphia, fauteuils, tabourets et tables en
vannerie, nappes brodées sont autant d'objets somptueux qui rehaussent
les repas, surtout ceux des fêtes. Votre passage à Foumban se
terminera dans l'apothéose si vous pouvez assister à l'une de ces fêtes
qui donnent lieu à des danses, des processions, des fantasias et des
courses de chevaux colorés où se déploie le faste des tenues brodées
traditionnelles au son des tambours et des kakaki.
LE LONG DU DIXIEME
PARALLELE
Maroua. Vous voilà
dans l'extrême nord. Autre paysage, autre zone agricole, autres peuples,
autres coutumes. Ici dominent les couleurs jaunes du Sahel. Nous sommes
loin du vert bleu intense et de l'ocre rouge des terres du sud ou de
l'ouest. Même le vert des champs de mil ou de fonio, en saison des
pluies, y est plus tendre. Cette région, constituée de vastes steppes
à épineux, est le domaine des pasteurs nomades et des agriculteurs.
Après avoir visité Maroua, petite ville quadrillée par des avenues
bordées d'arbres, qui vous enchantera avec ses tanneurs, son marché et
son centre artisanal, véritable caverne d'Ali Baba remplie d'étoffes
brodées et de bijoux de toutes les couleurs,
ne manquez pas de vous rendre dans le parc national de Waza, où vous
apercevrez des troupeaux d'éléphants, d'antilopes, de phacochères, de
girafes, des lions et autres grandes espèces d'Afrique au milieu des
acacias ou des grandes herbes, les yaérés.
Vous traverserez
auparavant une région cultivée où le mil et le ho envahissent tout
l'espace et viennent caresser les magnifiqunes sarés. Ces concessions
sont formées de plusieurs cases rondes, les boukarou, et de greniers,
cases en terre qui se terminent par des toits coniques constitués d'une
armature de bois recouverte de chaurne. Vous cRoiserez sur votre route
des femmes ou des hommes, juchés sur des bicyclettes ou voyaeant à dos
d'ânes, transportant des gerbes de paille de mil avec lesquelles ils
construisent ces toits ou les clôtures de leurs concessions. Parfois,
au loin, on aperçoit la longue silhouette d'un peul bororo, couvert
d'un immense chapeau, gardant son troupeau de zébus. N'hésitez pas à
acheter au bord de la route des grillades de viande de mouton. Elles
sont délicieuses et la blouse blanche du vendeur, signe que le service
d'hygiène est passé, sera une garantie de leur fraîcheur. Vous
pourrez déguster aussi le célèbre poulet de Maroua ou le Kilishi,
filets de viande de boeuf épicée et séchée.
Mais goûtez surtout
le mil, qui est la base de l'alimentation. Pilé ou moulu, il est
consommé sous forme de boule servie avec diverses sauces, de gombo, de
" folléré " ou d'autres feuilles, ou bien en bouillie faite
avec du lait caillé et du sucre ou des arachides écrasés. Sa farine,
le dakéré, est cuite à la vapeur. Après ce rosé de bière de mil ou
de lait, vous pourrez prendre repos avant de eauner les monts Mandara,
territoire des "kirdi", peuples païens refoulés jadis par
les foulbé islamisés. C'est en suivant les lacets de la montagne dans
un décor range d'éboulis rocheux de toutes tailles, au milieu des
cultutres de mil en terrasses, que vous atteindrez Oudjilla, villaege
podoko. Visitez le saré du Chef, avec sa cour intérieure, sa salle des
prières et son " harem " et respectez le boeuf sacré.
Plus au sud, à Mokolo,
ville des forgerons, vous bifurquerez vers l'ouest pour gagner le pays
des Kapsiki et prendrez la route de Rhumsiki, village perdu dans un décor
lunaire. A perte de vue, de gigantesques petons de lave provenant de
cheminées de volcans font saillie à la surface du soi. Potières,
tisserands et sorciers aux crabes vous accueilleront avec chaleur. C'est
toujours cachés dans les champs de mil qui grimpent sur les hauteurs
que se dressent les sarés. Ici, la pierre de la montagne se mélange à
la terre pour former les murs et les enceintes. Mais le toit, toujours
coiffé de chaume, tend inlassablement son nez pointu.
Aux confins de
l'immense Plaine du nord, Blangoua semble être au bout du monde. Dans
cette région, vous cRoiserez soit les Kotoko, peuple de pêcheurs, soit
les nomades choa qui vous vendront leurs produits laitiers dans des,
calebasses ornées de dessins
géométriques. Leurs maisons sont la reconstitution en miniature de la
tente nomade. Dans le lit-vaisselier, où tous dorment, est étalée une
magnifique vaisselle que la femme mariée amène en dot. De retour à
Maroua, allez en direction de Kaélé.
LE PAYS DES LAMIDATS
Redescendez vers le
sud. Au bord de la rivière Bénoué, Garoua, capitale du coton, véritable
oasis de verdure au coeur de la
brousse, vous offrira une halte.
Prormenez-vous dans le
labyrinthe des quartiers traditionnels où les sarés construits en pisé
se rejoignent les uns aux autres par leurs murs d'enceinte.
Le palais du Lamido,
Chef musulman local, et sa mosquée sont de véritables merveilles.
C'est sur le march' que vous retrouverez, sous forme de balles, ce coton
qui forme des champs entiers dans la campagne avoisinante, champs qui
alternent avec ceux de mil.
Rey-Bouba, un nom qui fait rêver. Dans cette capitale-village du plus
prestigieux lamidat du pays, protégé par une muraille en terre battue
de huit mètres de haut, crénelée et percée d'une seule porte, à. l'élégant
toit de vannerie posé sur des colonnettes en bois, se dresse le palais
du lamido. Si vous êtes là pendant les fêtes traditionnelles, vous
assisterez à de magnifiques fantasias, qui rappellent les fêtes de la
Gàni, en pays yoruba au Nigeria et au Bénin. Vision extraordinaire
que celle des cavaliers foulbé montant de splendides chevaux caparaçonnés,
vêtus de côtes de maille et coiffés de heaume d'acier ! Vous
emporterez ce souvenir coloré au fond de votre mémoire quand vous irez
explorer les deux grands parcs de Bouba Ndjida et de la Bénoué où sur
fond de savane arborée, au milieu des collines et des mayos, rivières
temporaires, se prélassent singes, antilopes, hippopotames, cobs,
buffons, buffles, phacochères et autres animaux.
LES PLATEAUX DE CIEL
A Ngaoundéré, ville
étape entre le nord et le sud du Cameroun, vous êtes dans la province
de l'Adamaoua, berceau de nombreux fleuves du pays. Sur ce vaste
plateau, où domine la steppe qui se teint de couleurs différentes
selon les saisons, on croise parfois des rubans de forêts verdoyantes
le long des vallées. Si céréales et tubercules se partagent les zones
cultivées, c'est surtout l'élevage qui prédomine. En effet, les
successions de prairies d'altitude, les tchabbal, de savanes et de pâturages
inondables, prédisposent ce pays à l'élevage. L'Adamaoua est une terre
constamment sillonnée de grands troupeaux de zébus toujours suivis par
un nuage de poussière. C'est le lieu idéal pour consommer leur délicieuse
viande accompagnée de couscous de maïs ou de manioc. Le volcanisme a
donné ici les superbes paysages du plateau de la Vina, avec des lacs de
cratère. Les chutes d'eau y sont vertigineuses, surtout celles du Tello
qui se précipitent d'une hauteur de 40 mètres. A Ngaoundéré les murs
en pisé des cases des sarés s'ornent parfois de décorations extérieures
et les toits, ouverts comme d'immenses parapluies, déploients presque
jusqu'au sol le drapé de leur paille accrochée aux tiges de raphia.
LA VILLE DES COLLINES
Pour atteindre Yaoundé,
prenez le transcamerounais. Chaque gare est un spectacle. Vendeurs et
vendeuses vous apostropheront sans relâche, vous proposant leurs
bananes, leurs macabos ou leurs arachides. Hommes, f.emmes et enfants,
poulets ou chevreaux saucissonnés dans des corsets de feuilles de palme
sont du voyage. Ce sera la lente descente vers le sud, une promenade aux
couleurs de l'arc-en-ciel.
Vous passerez du jaune
ocré des pays de la savane couronné par le bleu éclatant du ciel de
ces paysages du nord au vert bleuté de la forêt équatoriale que
couvre un ciel souvent gris plombé. Yaoundé, capitale bâtie dans un
enchevêtrement de collines. Le charme de la ville se trouve dans ses
nombreux quartiers populaires pleins de vie et de couleurs, dans ses
" chantiers ", restaurants où vous pourrez goûter poulets et
poissons braisés, viandes et légumes divers. Vous vous offrirez le
" mbongo tjobi ", cette sauce noire de poisson à base d'écorce
de l'arbre à ail et de maniguette odorante brûlée et écrasée,
accompagnée d'ignames. Yaoundé est inépuisable, multiple et
accaparante.
L'habitat le plus moderne côtoie l'humble maison au toit en tôles
ondulées. Le gris, l'ocre, le rouge et le vert colorent cet univers.
Vous ne pouvez quitter Yaoundé sans avoir visité le musée du Mont Fébé
et le palais de Charles Atangana qui fut l'un des premiers chrétiens de
la ville. Allez voir aussi le monument de la Réunification, situé dans
un magnifique quartier verdoyant, le plateau Atémengué. Une après-midi
au stade sera l'occasion d'apprécier le football camerounais qui a porté
très haut les couleurs du continent lors de la Coupe du monde de 1990
avec la remarquable prestation des Lions indomptables. En sortant de
Yaoundé, vous entrez très vite dans la forêt. Nouveau domaine écologique,
nouveaux agrosystèmes, nouvelles architectures. Encore une fois, le
Cameroun vous surprendra par sa diversité.
PATRIMOINE DE L'HUMANITE
Visiter le sud-est du
Cameroun, C'est faire un long voyage dans le vert. Allez donc découvrir
ce patrimoine universel, l'un des derniers sanctuaires de la forêt
dense de notre planète. Dans ce royaume touffu, tubercules, bananes
plantains, café, cacao essayent de se tailler un espace. L'eau est
partout : sage dans le lit des rivières, tumultueuse quand elle se
transforme en chutes, violente quand elle tombe du ciel. L'eau et le
bois sont ici source et symbole de la civilisation forestière.
L'eau peut être redoutable mais elle est aussi moyen de communication
et source de vie avec ses nombreux poissons. Le bois, c'est la forêt, démesurée,
tentaculaire, en même temps dangereuse et bienfaitrice car elle fait
vivre ses populations de ses fruits et de son gibier, car elle est rnatériau
pour construire, se vêtir, chasser, se défendre, circuler.
L'arc et la flèche
sont en bois, la pirogue et l'armature des maisons sont en bois, la
statuette est en bois et elle symbolise la spiritualité. La feuille
nourrit, la feuille couvre, le feuille soigne. La forêt ne peut plus
faire peur, malgré ses bruits étranges, malgré sa densité qui cache
1'horizon. Mais la forêt n'est pas un espace interdit. Les réserves,
bornées par les rivières Dja au nord-est et Ntem au sud-ouest, peuvent
aussi vous ouvrir leurs mystères.
Enfoncez-vous
dans leurs royaumes. Vous vous réfugiez dans les clairières des villes
et des villages. Au cours de vos différentes étapes à Ebolowa ou
Sangmelima, reposez-vous de vos randonnées dans le sein des mets parfumés:
poissons ou gibiers épicés, " nnam ngon " ou pâte de courge
cuite à l'étouffée dans des feuilles de bananiers, " nnam owondo
", délicieuse pâte d1arachide cuite dans ces mêmes feuilles de
bananes, " kpem ", jeunes feuilles de manioc au jus de noix de
palme ou " sanga fon "feuilles de " zom " au maïs,
seront votre " pain quotidien ". Vous ferez une halte dans le
petit port de Kribi. Indescriptible site où viennent se marier la forêt
et la plage! C'est sur ces notes apaisantes de la musique des vagues sur
fond bleu, vert et blond que vous terminerez votre voyage.
Source: MINTOUR
Cameroun
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